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TRANSFERT en Serbie
Belgrade, cœur des Balkans, confluent de la Save et du Danube, à la croisée des chemins entre plusieurs mondes contradictoires.

On s'attend à encore entendre, au détour d'une rue, l'écho du passage des ottomans, la foulée des bottes autrichiennes, ou encore le sourd bombardement de l'OTAN. Pourtant, il n'en est rien. Tout ici n'est que silences. Les serbes se languissent dans la foule des cafés qui ponctuent chaque rue, dégustent impassibles leur Beogradsko ; un peu comme si rien ne s'était jamais passé ici.
Belgrade a-t-elle jamais été ce champ sempiternellement piétiné par les va-et-vient de l'histoire? Romains, Huns, Sarmatiens, Goths, Gépides, Byzantins, Avars, Slaves, Bulgares, Hongrois, Serbes, Turques, Bavarois, Autrichiens, Allemands, Russes. Tous auront au moins une fois envahi la ville, mais Belgrade masque bien ses 7 000 ans de tumultueux souvenirs et les seules traces de son passé séculaire demeurent toutes subjectives. Sans le démenti des livres d'histoire, Belgrade paraît bien jeune avec ses monuments flambant neufs, ses statues de héros modernes, ses façades du siècle dernier.
Car le ressac des vagues efface toujours sur les rives du Danube le dessin qu'il venait tout juste de tracer. S'il est une ville palimpseste, se sera Belgrade, sans cesse effacée, sans cesse réécrite, mais toujours, finalement, effacée. Ici le temps n'a pas de prise et glisse d'une strate à la suivante comme une onde qui ne se laisserait jamais rattraper.
Seule anicroche à la loi millénaire de la tabula rasa : le bombardement de l'OTAN sera "chirurgical", si bien ciblé que paradoxalement, et pour la première fois peut-être de son histoire, Belgrade ne sera pas détruite.
Gageons un augure de renouveau. Et si l'abrogation était de ce simple fait reléguée au musée des symboles d'une civilisation ancienne? Et si nous étions au seuil d'une ère inédite d'expansion?
Bien sûr, Il faudra encore quelques années pour structurer l'avenir du peuple Serbe, pour bâtir à partir de ces ruines que les guerres successives ont parsemées, les fondations d'un état moderne.
La Serbie, aujourd'hui exsangue, subsiste grâce à l'agriculture qui occupe encore, avec ses 23,3% du PIB, la place prépondérante au sein de l'économie. Les quelques rares industries, encore en place malgré la guerre, en découlent : une usine produisant tout à la fois vodka, rhum, whisky, cognac et schnaps, quelques autres transformant le porc en saucisse… Au total, la filière agroalimentaire représente presque la moitié de l'économie.
Si la Yougo, voiture Yougoslave par excellence, sort toujours des usines Zastava, l'aléa de ses finitions ne permets néanmoins pas d'imaginer aujourd'hui une quelconque exportation et la condamne au seul marché local.
Traditionnellement, le textile était un des moteurs de l’industrie serbe, il a même assuré jusqu’à 20% des exportations, soit à l'époque plus d’un milliard de dollars. Mais c'était avant les sanctions : il traverse aujourd’hui une grave crise structurelle.
Le chômage est préoccupant. La productivité est médiocre. Le système juridique encore archaïque. Seules des réformes profondes telles que la privatisation pourraient être un levier pour freiner le déficit qui s'accumule.
Pour partie du fait des bombardements de 1999, c'est près de 65% de la production industrielle qui a sombré depuis 1991.
Certes, on se doute qu'en ces circonstances, il est aujourd'hui d'autres priorités en Serbie et Monténégro que les mondains palabres esthétiques… Palmes de plongée sous-marine et seau à champagne auraient pu paraître bien déplacés. Le fait est qu'ils auront, et contre toute attente peut-être, trouvé leur audience parmi la foule belgradoise venue ce soir là Knez Mihailova pour l'inauguration de l'exposition. Et les jours suivants, le défilé des badauds devant les vitrines du Centre Culturel Français n'aura eu de cesse. Probablement même, si l'on en croit le balais des télévisions, et la littérature abondante des quotidiens, l'exposition des Etoiles du Design Français aura réellement été au centre de l'actualité culturelle de l'automne belgradois.
Car le design véhicule aussi sa part de rêve. Et pas seulement le rêve d'un plongeon dans l'Adriatique chaussé de palmes vertes et noires où le délice d'une fraîche flûte pétillante à l'occasion d'une soirée parisienne. Les questionnements des journalistes se ressemblent et convergent tous sur l'espoir de la mondialisation. Est-ce un hasard? Peut-être le design pour les Serbes est-il aussi le rêve de manufacturer un jour les produits industriels de l'Europe de demain? Comme si à l'issue d'une trêve intempestive des conflits millénaires était né le rêve d'une nouvelle forme d'invasion, marketing cette fois, des marchés planétaires.
Francuski dizajner FRANSOA TENIJER (François Tesniere) odrzace 10. novembra u 19 sati predavanje "Proboj dizajna u univerzum profesionalnog" u Muzeju primenjene umetnosti.
Fransoa Tenijer, arhitekta i dizajner koji je osmislio koncept opremanja kuhinje 2zones² (specijalna pohvala na medjunarodnom konkursu APRIA za tehnoloske inovacije u ugostiteljstvu u Parizu 1999, Grand prix SIRHA u Lionu 2001, finalista Stainless Steel Awards u Johanesburgu). Ovaj koncept ocenjen je od strane francuskih i medjunarodnih strucnih krugova kao vizionarski i revolucionarni i spada medju pet najznacajnijih inovacija koje su se u poslednjih trideset godina pojavile u domenu ugostiteljstva, kuhinjskih elemenata i pomagala. Dizajner nagradjenog rada koji je izlozen u Francuskom kulturnom centru: kuhinjskih kolica Transfer.
Zvezde francuskog dizajna
nedelja, 7. novembar 2004.
Izložba "Zvezde francuskog dizajna", na kojoj će biti predstavljeno oko 60 predmeta za svakodnevnu upotrebu, nagrađenih u protekle četiri godine, biće otvorena 9. novembra u Francuskom kulturnom centru (FKC) u Beogradu.
FKC je za 10. novembar najavio u Muzeju primenjenih umetnosti (MPU) predavanje poznatog dizajnera i arhitekte Fransoa Tenijera (Francois Tesniere), koji će govoriti o novim perspektivama dizajna, na temu “Proboj dizajna u univerzum profesionalnog/globalni pristup”.
Njegove kuhinjske stolice “Transfer” takođe će biti predstavljene na izložbi u FKC-u, pored ostalih radova, prema izboru Agencije za promociju industrijske kreativnosti (APCI), koja je 1999. godine ustanovila instituciju Posmatrača dizajna (Observeur du design).
"Posmatrač dizajna" svake godine se bira oko 150 industrijskih proizvoda čiji dizajn zadovoljava visoko postavljene kriterijume. Nagrade za najbolje radove - zvezdice, dostigle su u proteklih pet godina prestiž najvećih međunarodnih priznanja, saopštio je FKC.
Na izložbi će biti predstavljeni različiti predmeti za svakodnevnu upotrebu, od bicikla, preko lampe, budilnika, stolica, do dečjih igračaka.
Kredo APCI je da je dizajn danas nezaobilazni faktor diferencijacije na međunarodnom tržištu - svi imaju pravo na dizajn nezavisno od svoje kupovne moći, ekonomskih, kulturnih i bilo kojih drugih specifičnosti, a javnost ima pravo da zahteva da dizajn učestvuje u strategiji kvalitetnijeg življenja.
Za 10. novembar organizovano je gostovanje Franosa Tenijera, poznatog po konceptu opremanja kuhinje “2zones²”, za koji je dobio niz nagrada.
Tenijer je za taj koncept dobio specijalnu pohvalu na međunarodnom konkursu APRIA za tehnološke inovacije u ugostiteljstvu u Parizu 1999, Gran pri SIRHA u Lionu 2001, a bio je i finalista Stainless Steel Awards u Johanesburgu.
Ovaj koncept ocenjen je od strane francuskih i međunarodnih stručnih krugova kao vizionarski i revolucionarni i spada među pet najznačajnijih inovacija koje su se u poslednjih trideset godina pojavile u domenu ugostiteljstva, kuhinjskih elemenata i pomagala. Izložba će biti otvorena do 27. novembra.